mercredi 8 septembre 2010

Jaune/émeraude/turquoise/anthracite/indigo/mauve/ébène.

Avant quand je ne vivais pas, je ne m’en souviens pas. Et J’ai rencontré un nouvel ami aujourd’hui. Il m’a tapé sur l’épaule. Et Je me sens plus fort. Je me sens plus proche de l’invincibilité.

Aussi soudainement qu’un sourire, il y a toujours eu ce moment où les choses se précipitent. Avec beaucoup de couleurs. Bleu. Demain je serai léthargique. Je vais me faire avaler par le soir. Avec un alibi douteux. Je veux cette passion en 4 ou 7 lettres, 2 ou 3 syllabes. Épargnée par le vent. Comme la chanson. « Yesterday I was young / Today I’m hangovered ». La la la. Je veux le corps d’une femme, à bout portant. Doucement. Aimer doucement. Effrayant.

J’accélère toujours les choses. Je me suis accéléré un jour de pluie et le lendemain assis sur une terrasse de café. Avec lui.

Drame du quotidien = l’écume endormie à mes pieds + un immeuble qui grandit par effet de perspective + lui + les choses qui passent comme elles finissent toujours par le faire, avec des couches successives d’enlaidissement.

Merde. Il a insisté pour que je revienne. Il me rattrape toujours et me fait flancher. Déjà usé par la façon avec laquelle il regardait les autres. Je pense que je devrais lui crever les yeux, en faire un martyr bas de gamme.

Et comment est-il possible qu’un aveugle puisse sourire ?

C’était comme ce rêve.
Plage de nostalgie. Irritations chromatiques.
Il y a des visages qui traînent par terre : é-vi-ter de leur marcher dessus. Mes yeux laissent des empreintes sur le sable, peut-être quatre. Bilan : j’ai du sable plein les yeux. Ce n’est pas drôle.
Il y a des égarements : je marchais là, dans l’eau, ou plutôt : SUR l’eau. Aujourd’hui je me suis perdu dans les travers de la gravité.
Il y a des écrasements : l’eau écrase la matière. C’est aliénant.
Il y a des asymptotes : A quel moment sait-on qu’on n’est rien d’autre qu’une asymptote ? Un chemin tracé, un idéal à atteindre, un idéal rouge. Oui voilà, rouge. Rouge.

?

Je récapitule :
Le flux coloré, c’est moi
La Rancœur de l’infini, c’est l’autre, lui.
À gauche mon pied se tord dans l’indifférence atmosphérique générale. La rumeur enfle. La rumeur gauche de l’infini, un grondement sourd. Il arrive en portant un silence très gauche. Et là, involution sonore. D’où, ce qui est problématique, c’est l’éclat de ce silence. Ou alors l’infini n’existe pas. Enfin, il n’existe que pour me faire peur.

Et puis :
La couleur s’est allégée. Crispée. Son ressort lyrique s’est affadi. Je dis jaune/émeraude/turquoise/anthracite/indigo/mauve/ébène, mais ce n’est plus jaune/émeraude/turquoise/anthracite/indigo/mauve/ébène c’est juste que j’ai été conditionné pour dire cela. Comme quand j’ai été conditionné par :

1- l’Histoire :
J’ai connu l’inflammation, calor, rubor, tumor, dolor, bref.

Et

2- l’Anecdote
Sa tête a gonflé et elle a explosé. J’ai trébuché sur son corps inerte un peu pourri. Quand je l’ai enterrée, le monde avait disparu. Il ne restait plus que moi et le bruit de mes pas qui résonnait sur l’eau.


Donc, elle m’a poursuivi dans cette histoire. Sans me rattraper. C’est étrange comme tout me paraît maintenant ou opaque ou flou.

— Ça a débuté plus ou moins comme ça :

Je me suis retourné vers elle et je lui ai souri. Je me suis précipité en arrière pour éviter son souffle, et une fois rassuré, j’ai bondi vers son cou.

— Et vous l’avez étranglée?
— Je l’étrangle comme je vous étrangle, j’exclus toute autre possibilité. Non je ne l’ai pas étranglée. Ou alors j’étais de dos :

Soudainement je me suis levé et j’ai couru. Je cours à présent.

— Courir vous rend-il vivant ?
— Peut-être alors que je ne cours plus. Mais c’est bien involontaire, parce qu’en me coupant le pouce, j’ai vu du sang couler.
— N’essayez pas de ruser.
— Non :

Je suis parti. Il y a un bruit de camion dehors. Une voiture qui fait vibrer la chaussée. Une horloge qui n’en finit pas de tictaquer. Tic, Tac, etc.

— Dehors ?
— Oui, comme une évidence poétique, je me tenais loin des heurts et des passions :

Et lui, Il s’est assis vraiment sans gloire, l’assassin du banal, écrasé par sa fatuité.


Clement Douala-Diboti Quenum