Ainsi les galeries creusées dans ce corps chaud et mouillé d'adolescent pré-pubère le firent ressembler quelques jours plus tard à un napperon dont les dentelles formaient les lettres de ce délicat prénom: Floriane, objet de tout l'amour dont il était capable.
Il pouvait désormais se pavaner puisqu'il était membre honoraire du club très privé de celles et ceux qui se galochent furieusement durant les interclasses. Il redoublait d'ardeur pour mériter ce statut, élaborant des stratagèmes toujours plus ingénieux pour arriver à croiser la classe de sixième 3 le temps des quelques minutes qui séparaient le cours de musique de celui d'éducation civique. Il repoussait les limites physiques de l'humain courant du bâtiment A au bâtiment E, couvrant des distances insensées pour prélever quelques gouttes de cette salive tant désirée, là, juste devant le C.D.I., avant de regagner sa classe pour faire le résumé de La mule du pape que demandait madame Despré, celle qui avait gardé dix ans un coup de pied sous son sabot, la mule, pas madame Despré.
Mais les courants sont changeants à cet âge de la vie et Floriane le quitta. Comme ça, sans préavis, sans pleur, sans insulte, sans cri, cassage de nez, éviscération, viol ni dernier baiser. Une lettre seule témoignait de cette histoire passée. Une lettre qu'on aurait crue écrite par Marc Lévi tant elle débordait de sentiments et où l'on pouvait lire en substance: "Mon grand frère a eu un accident de Booster. Il est gravement blessé, dans le coma même, à l'hôpital, et en ce moment je n'arrive pas à penser à autre chose. Il vaut mieux qu'on se sépare car je suis trop triste."
La Mythe ne vit pas bien le lien de cause à effet qu'il pouvait exister entre le frangin en vrac et ses sentiments à lui mais choisit d'accepter cette âpre et déchirante situation quitte à souffrir en silence et à attendre des lustres que le cerveau du légume germe à nouveau pour que tout rentre dans l'ordre. Il se voyait drapé dans de nobles sentiments espérant le retour de son aimée, attendant, refusant chacune des nombreuses propositions émanant de filles toujours plus belles, faisant la nique aux tentations de ce bas monde. Fier, droit, amoureux.
Mais Floriane ne se contenta pas seulement d'arrêter de lui lécher la margoulette. Elle l'évitait. Lui adressant à peine un signe de tête depuis l'autre bout de la cour, elle s'éloignait l'air de rien quand il s'approchait l'air triste. Cette situation le troublait mais il se rendait compte à quel point sa souffrance à elle devait être insupportable. Il l'imaginait debout des heures durant au chevet de son frère, en train d'attendre que ce corps inerte évacue la bouffe liquide qui transitait des tuyaux jusqu'à l'extrémité de son intestin pour enfin ôter la bassine et lui faire la toilette. Ah, soeur dévouée! Oh amour fraternel!
La Mythe allait bientôt être rendu au sol, la réalité rugueuse en pleine bouche. Ce fut Laetitia qui, en guise de Rimbaud fit se lever la vérité d'entre les brumes moirées de cette langueur monotone. Cette Laetitia, en plus de connaître Floriane depuis la plus tendre enfance, était un personnage des plus attractifs . Plus âgée et donc plus formée et donc plus désirable que les crevettes qui s'agitaient dans la nasse de la sixième, elle s'évertuait à ne sortir qu'avec des gitans et ceci uniquement s'ils étaient scolarisés en SECPA. La rumeur voulait de plus qu'elle suce Morgan, figure emblématique de ces voleurs de poules, tous les mercredis à heure fixe derrière les dortoirs de l'internat et que le quidam pouvait y assister moyennant finance. Nombre des fantasmes de La Mythe se concentraient donc dans cet espace réduit mais pourvu d'un cul de poney et de seins déjà prohéminents.
Bref un jour comme tant d'autre où il forçait toutes ses pensées à se tourner vers Floriane, il se risqua à demander à Laetitia qui revenait de la Vie Scolaire des nouvelles de l'accidenté. Celle-ci à peine surprise lui apprit sur un ton monocorde que Floriane avait un frère, certes, qu'il avait quatre ans, qu'il n'avait pas de Booster, qu'il allait bien et qu'il devait actuellement se trouver à la maternelle du Pujol et non à l'hôpital étant donné que nous étions lundi et qu'il était 13H00. Un monde entier de représentation s'effondra. La situation était à présent claire comme de l'eau de roche: la vie était une chienne mais pas plus que son ex.
S.L.
dimanche 6 décembre 2009
La mythe au collège.
Jusqu'ici La Mythe avait eu pas mal de chance avec les gonzesses. Il n'était toujours tombé que sur d'authentiques salopes, et ce depuis la petite Manon dont on aurait pu croire - à tort et au grand damne de La Mythe - qu'elle serait morte après son baiser carnassier en classe de C.P. La petite blonde après avoir servi un temps de vide-couilles à l'équipe de rugby locale, ce qui était le signe soit dit en passant d'une véritable notoriété, était désormais en contrat qualif' à Tif Création, haut lieu de la coiffure Landaise. Ah, il lui en avait fallut du courage et de l'abnégation pour supporter les coups de boutoir des troisième lignes dacoises et plonger dans la mélée sur l'air de "allez la chatte, allez, allez..." mais elle avait vite pris le pli et entonnait parfois elle aussi ce chant bourgeois, adoucissant de sa voix féline et aérienne les basses masculines.
Après la déconvenue que représenta donc cette première et courte romance, La Mythe se rendit compte que l'amour était souvent unidirectionnel et que le changement faisait du bien à la gueule. Son apprentissage avait commencé de la meilleure façon qui soit et allait continuer sur cette lancée.
Il entra, comme la majorité d'entre nous qui ne nous étions pas fait violés par nos parents ou nos grands frères, puceau au collège, avec la ferme intention de changer cet état de fait. Il avait toujours, ancrée dans un coin de sa tête, la sentence définitive qu'avait un jour prononcé le père de son meilleur ami, les prenant ainsi à parti au milieu d'un match de ping-pong éreintant: " eh, les p,tits mecs, vous verrez comment c'est le cul. Là vous commencez à y penser mais quand vous aurez niqué une fois vous ne penserez plus qu'à ça." Et il ne fallait pas plus de deux sous de jugeotte pour constater qu'effectivement le cul était un des plus influents gestionnaire du monde adulte.
En classe de sixième il retrouva la douce Emilie qui avait redoublé et attisait sa convoitise depuis qu'il avait dansé avec elle lors du spectacle de fin d'année de maternelle, déguisé en cow-boy, sur le hit indestructible de la compagnie créole "Au bal masqué". Au fil de l'année cette passion s'installa doucement jusqu'à devenir une véritable obsession. Lorsqu'enfin il n'y tint plus il envoya son grand ami Julien "demander" à Emilie, comme on disait à l'époque. Il attendit en se rongeant les sangs et les ongles assis sur le banc du préhaut Nord. C'est drôle comme parfois le temps se déploie et ouvre le chemin à une protubérance sentimentale accompagnée de toutes sortes de voix intérieures. Les différents Moi de La Mythe débattaient encore de la puissance d'un amour idéal quand Julien revint l'air rigolard, ce qui excita la confiance de notre héros.
- Alors?
- Ben alors... Elle a dit que t'étais vachement mignon mais qu'il y en avait trop dans la file d'attente.
Et comme le sort est souvent ironique, Emilie devait déménager La semaine suivante. La Mythe ne la retrouva que huit ans plus tard, lui, faisant la queue, elle, caissière au Monoprix de Bassens et manipulant le scanner sur le pack de seize qu'il avait prévu d'acheter.
Sa scolarité en sixième 7 s'écoulait sans anicroche ni pénétration. Mais bientôt le printemps arriva accompagné de cette odeur si particulière qui vient claquer sur la langue et appelle le roulage de pelle. Les adolescents s'y trompent rarement et lui aussi eut vite droit à son litre de bave journalier. La première qui lui mouilla les amygdales répondait au doux et particulier prénom de Floriane, ce qui s'accordait tellement bien avec cette période de l'année où les bégonias fleurissent.
Une turbine que c'était la Floriane de la sixième 3, une perceuse-visseuse de compèt' qui pouvait vite te limer le filetage et te casser toutes les dents d'un coup de langue. La Mythe fut surpris de ces premiers échanges érotiques mais il ne dit rien. Il fallait bien faire comme tout le monde, sous peine de passer pour un puceau, ou pire, un pédé.
En plus de sortir d'un étui estampillé Black et Dekker, on pouvait aisément pour achever de la décrire filer la métaphore animalière tant elle ressemblait à un flamand rose par son teint et sa taille qui obligeait La Mythe à se casser le cou à chaque baiser. Il suffit d'observer n'importe quelle idylle adolescente pour conclure que la minerve le guettait. Mais voilà l'affection ressemble à plus d'un titre à un rongeur nuisible et aime à se fourrer dans les endroits les moins hospitaliers pour y élire domicile et entamer son travail de sape.
S.L.
Après la déconvenue que représenta donc cette première et courte romance, La Mythe se rendit compte que l'amour était souvent unidirectionnel et que le changement faisait du bien à la gueule. Son apprentissage avait commencé de la meilleure façon qui soit et allait continuer sur cette lancée.
Il entra, comme la majorité d'entre nous qui ne nous étions pas fait violés par nos parents ou nos grands frères, puceau au collège, avec la ferme intention de changer cet état de fait. Il avait toujours, ancrée dans un coin de sa tête, la sentence définitive qu'avait un jour prononcé le père de son meilleur ami, les prenant ainsi à parti au milieu d'un match de ping-pong éreintant: " eh, les p,tits mecs, vous verrez comment c'est le cul. Là vous commencez à y penser mais quand vous aurez niqué une fois vous ne penserez plus qu'à ça." Et il ne fallait pas plus de deux sous de jugeotte pour constater qu'effectivement le cul était un des plus influents gestionnaire du monde adulte.
En classe de sixième il retrouva la douce Emilie qui avait redoublé et attisait sa convoitise depuis qu'il avait dansé avec elle lors du spectacle de fin d'année de maternelle, déguisé en cow-boy, sur le hit indestructible de la compagnie créole "Au bal masqué". Au fil de l'année cette passion s'installa doucement jusqu'à devenir une véritable obsession. Lorsqu'enfin il n'y tint plus il envoya son grand ami Julien "demander" à Emilie, comme on disait à l'époque. Il attendit en se rongeant les sangs et les ongles assis sur le banc du préhaut Nord. C'est drôle comme parfois le temps se déploie et ouvre le chemin à une protubérance sentimentale accompagnée de toutes sortes de voix intérieures. Les différents Moi de La Mythe débattaient encore de la puissance d'un amour idéal quand Julien revint l'air rigolard, ce qui excita la confiance de notre héros.
- Alors?
- Ben alors... Elle a dit que t'étais vachement mignon mais qu'il y en avait trop dans la file d'attente.
Et comme le sort est souvent ironique, Emilie devait déménager La semaine suivante. La Mythe ne la retrouva que huit ans plus tard, lui, faisant la queue, elle, caissière au Monoprix de Bassens et manipulant le scanner sur le pack de seize qu'il avait prévu d'acheter.
Sa scolarité en sixième 7 s'écoulait sans anicroche ni pénétration. Mais bientôt le printemps arriva accompagné de cette odeur si particulière qui vient claquer sur la langue et appelle le roulage de pelle. Les adolescents s'y trompent rarement et lui aussi eut vite droit à son litre de bave journalier. La première qui lui mouilla les amygdales répondait au doux et particulier prénom de Floriane, ce qui s'accordait tellement bien avec cette période de l'année où les bégonias fleurissent.
Une turbine que c'était la Floriane de la sixième 3, une perceuse-visseuse de compèt' qui pouvait vite te limer le filetage et te casser toutes les dents d'un coup de langue. La Mythe fut surpris de ces premiers échanges érotiques mais il ne dit rien. Il fallait bien faire comme tout le monde, sous peine de passer pour un puceau, ou pire, un pédé.
En plus de sortir d'un étui estampillé Black et Dekker, on pouvait aisément pour achever de la décrire filer la métaphore animalière tant elle ressemblait à un flamand rose par son teint et sa taille qui obligeait La Mythe à se casser le cou à chaque baiser. Il suffit d'observer n'importe quelle idylle adolescente pour conclure que la minerve le guettait. Mais voilà l'affection ressemble à plus d'un titre à un rongeur nuisible et aime à se fourrer dans les endroits les moins hospitaliers pour y élire domicile et entamer son travail de sape.
S.L.
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